Un Tata est une ancienne fortification en Afrique de l’Ouest. Le terme désigne parfois les murs de terre crue qui entourent le village (l’enceinte) et désigne parfois le village fortifié lui-même, voire une véritable cité fortifiée, un centre politique et militaire. Les vestiges de Tata, comme ceux de Maba Diakhou Bâ à Nioro du Rip (Sénégal), sont classés aux monuments historiques et datent généralement du XIXe siècle.

Les Tata Somba du Bénin

Le peuple Somba ou Tammari du Bénin occupe la chaîne de montagnes de l’Atacora et vivent des vies isolées depuis des siècles. Le nom « Somba » se réfère à eux comme « bons maçons » et ils sont pêcheurs et cultivateurs.
Les Tata Somba sont des habitations traditionnelles, que l’on ne retrouve qu’au Nord-Ouest du Bénin et dans sa partie frontalière avec le Togo. « Somba » est également le nom que les français de l’époque coloniale ont donné aux maisons des peuples Bétiabé, Bétammaribé et Bésorbé.
Ces habitations sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO pour leur architecture unique en forme de petits châteaux forts, minutieusement arrangés pour accueillir une famille.

Des constructions atypiques

Le Tata, habitation à deux étages, est conçu pour se défendre, se situant dans des zones qui pourraient mettre en danger la sécurité des hommes. Les Tata servent à la fois de logement à la famille, de stockage de nourriture, d’abri pour les animaux domestiques et sauvages.
Les Tata Somba laissent toujours la porte d’entrée à l’Ouest et tournent le dos à l’Est ; l’Est étant perçu comme une menace. Les entrées de Tata sont très petites, il faut se pencher ou ramper pour accéder à la maison. Au seuil de l’entrée se trouve l’autel du “serpent”, symbole de l’âme des ancêtres. Après avoir franchi le seuil, on trouve de la nourriture, un moulin à grains, un abri pour animaux et un autre autel.
Bien entendu, la taille des Tata Somba dépend du statut social des occupants et du nombre de personnes dans la maison. La construction se fait en mélangeant de la terre, du ciment et de l’eau. Le torchis contenant de la paille ne se trouve qu’aux étages supérieurs. Certaines maisons peuvent avoir plusieurs étages, auquel cas la cheminée fournit un ingénieux système de circulation d’air. La cuisine a sa propre sortie d’évacuation, généralement au centre de la maison, loin de l’extérieur. De plus, le Tata Somba est essentiellement fermé en raison d’ouvertures limitées pour assurer une sécurité optimale. Le toit est tissé de fibres de mil et de paille. Enfin, une couche d’argile et de bouse de vache est posée sur la maison pour assurer l’étanchéité.

Des habitats en voie de disparition

Aujourd’hui, les Tata Somba sont entretenus pour garantir le patrimoine béninois, mais ces maisons sont fragiles et nécessitent d’importants travaux de rénovation.
La construction de Tata Somba nécessite des ressources matérielles et humaines fondées sur la solidarité au sein d’une communauté forte, et cette solidarité diminue progressivement. De plus, les jeunes ont tendance à préférer les maisons plus modernes.
Des programmes de préservation et de sauvegarde ont donc été lancés ; et des associations s’organisent pour promouvoir les Tata Somba. Néanmoins d’autres matériaux remplacent peu à peu les matériaux traditionnels. Bien que cet habitat particulier ait suscité des attraits touristiques, le Tata Sumba en béton fait progressivement son apparition.

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